Leto – Vanité

Après avoir fini le premier masque de Leto, j’ai eu envie de pousser plus loin et lui en fabriquer une série. Histoire de voir si j’étais capable de réaliser des masques encore plus détaillés et fins et d’exprimer d’autres facettes du personnage.

Leto n’est pas quelqu’un de bien. Leto est un monstre. Un monstre aux allures magnifiques mais cela reste un personnage rongé par beaucoup d’émotions négatives, de mépris et de haine. C’est assez intéressant et motivant de travailler pour une fois sur un personnage qui n’ai rien de positif. qui me permette de sortir un peu de ma zone de confort, de gentil personnages qui essaient de faire de leur mieux.

Cette fois ci j’ai choisi le violet et l’or, les couleurs du luxe, de la vanité. Leto est vaniteuse. Malgré les blessures que dissimule son masque elle reste persuadé de sa beauté, de sa haute valeur.

Pour la partie technique je me suis inspirée encore une fois ces kokochniks russes et des photos de Mata Hari et des danseuses orientalisantes du début du 20eme siècle…. et de mes vitraux de fenêtre art nouveau, comme pour la première. J’ai gardé le motif des roses et y ai ajouté un motif plus religieux, la dague en croix.

Ce portrait de La Grande Princesse Maria Aleksandrovna par Ivan Makarov m’a particulièrement inspiré pour la forme. Un mélange avec les décors qu’on peut voir sur certaines affiches art nouveau.

Quelques images des pièces en cours de découpe et de montage. Le papier cuir reste définitivement ma matière préférée à travailler ^^

A présent je dois m’attaquer à une partie bien compliquée. Le soutien gorge en métal, haha. Je ne sais pas encore trop où je vais mais c’est une chose que je n’ai jamais tenté.

Mode Pratique – 1895 – Chemise pour homme

Cette fois ci c’est une grosse plongée dans l’année 1895 avec 18 revues numérisées (c’était long surtout quand on a pas de scanner A3 …. )  afin d’apprendre à bien faire une chemise pour ces messieurs. Bonne lecture et prenez soin de vous.

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La Mode Pratique – 1895

Il n’y a pas que la Mode Illustrée dans ma vie, il y a aussi la Mode Pratique. J’en possède 5 volumes, 1895, 1897 et 1907 à 1909. Ils sont assez difficile à trouver par rapport aux MI. Les offres de patrons y sont différentes et ont évoluées au fil des années. Dans un de mes volumes de 1895, des leçons complètes de couture étaient proposées en plus de patrons vendus a la demande. J’avais espoir que cette formule perdure mais mes volumes plus récents mais ils ne proposaient que les explications de montage des patrons mousselines vendus avec la revue et de manière succincte ( généralement 1/2 page).

Histoire de ne pas séparer les leçons de la revues, j’ai numérisé les 4 fascicules correspondant à la leçon “jupe à godets”. Cela vous fera un peu de lecture en plus.

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Mode Pratique 1895 – 2

Mode Pratique 1895 – 3

Mode Pratique 1895 – 4 

Quelques patrons pour vous occuper

Certains d’entre vous sont confinés chez eux, moi y compris et la liste des choses à faire va vite commencer à s’amenuiser.

Alors voici pour vous quelques patrons de la mode illustrée que je vous offre. Je les ai numérisé et nettoyé, pour certains je les ai testé. De quoi vous occuper quelques jours de plus.

Jupe trotteuse de 1904

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1904 – jupe trotteuse patron

Corset 1916 – Utilisé pour la base de mon corset d’automate.

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Bien faire son corset – 1916

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Pantalon de bicyclette – 1904 – testé mais j’ai perdu la photo ^^;

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1904 – pantalon et jupe de bicyclette

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Bonne couture. Prenez soin de vous.

Leto

J’ai passé ces derniers mois, en dehors de mes recherches sur les tanagreennes de Margaine Lacroix, à travailler sur un projet assez fou. J’ai dépassé la centaine d’heures de travail dessus mais tout ça en valait la peine.

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Je vous présente Leto, ma psychopathe de grande prêtresse du Nouvel Ordre Kormique. Encore un de mes personnages de roman (inachevés). Mais cette fois ci je voulais explorer certaines de mes méchants et faire un costume qui degage quelque chose d’inquiétant et de grandiose. J’ai eu la chance de pouvoir faire un beau shooting photo avec ce costume. J’en ai tellement d’autres qui sont en train de dormir dans mon armoire sans avoir pu avoir leur shooting à eux ^^;

Edit :

Cela semble etre la grande interrogation du moment, mais enormement de monde se demande d’où vient le costume de Leto, de quel serie/jeu video/animé sort-il ? Beaucoup evoquent Dark soul, d’autre bloodborn, certains parlent de la fleche dans Jojo’s bizarre adventure… Et je ne peux m’empecher de sourire. Ma culture jeu video est quasi nulle et j’ai decouvert ces personnages avec les commentaires laissés sur mes photos de Leto.

J’hesite à préciser que j’ai crée son masque en m’inspirant des fentres art nouveau et des kokoshnik russe. C’est moins « classe ». Mais c’est amusant de voir que les gens visent les references modernes alors que leurs dites references sont clairement inspirées de designs anciens.

A chaque fois que j’ai regardé le personnage en question j’y ai vu … des fenetres et des plafonds art nouveau. Haha, peut être est ce juste moi qui ai trop regardé de photo de batiments art nouveau ?

Mais qui est Leto au final ? J’ai bien parlé d’une pretresse de haut rang totalement psychopathe, mais cela n’avance pas à grand-chose. Alors j’ai décidé de faire un petit historique de cette dame, comme je pense créer une serie de masque et de tenue pour elle.

Leto se situe vers le tome 4 de ma saga Parezel … (oui, un jour peut être reussirai-je à finaliser le tome 2… )

Pour éviter de trop spoiler je vais juste faire les grandes lignes. Leto faisait partie d’une famille d’albinos travaillant dans un cirque itinérant. Elle a toujours eu un grand ressentiment par rapport à cette condition. Sa mère était issue d’une famille aristocratique et riche, mais elle a préféré partir avec un simple artiste de cirque que de vivre la vie que sa famille avait tracé pour elle. Leto en a gardé un grand sentiment d’injustice. Elle détestait la vie du cirque, elle détestait être un monstre de foire et elle haïssait secrètement ses frères et sœurs. La jalousie envers eux la dévorait et elle était en conflit presque permanent avec ses parents. Elle avait aussi le sentiment qu’on lui avait volé la vie de luxe et de plaisir auxquels sa naissance lui donnait droit. Leto était aussi très fière de sa beauté et de ses origines aristocratiques. Durant la guerre, elle s’est retrouvé prisonnière d’un camp d’expérimentation et a été défigurée. Cela l’a fait d’autant plus basculer dans la rage et la colère. Sa sœur elle n’a pas pas vu sa beauté altéré ( bien que les expériences faites sur elle aient eté tout autant douloureuses et lui ont laissé des traces). Avant la libération du camp, il lui a été donné un choix, suivre un haut membre de la secte kormique ou rester avec sa sœur. Le choix a été immédiat et elle a suivit l’homme sans même se retourner. L’homme lui promis alors de lui redonner sa beauté et tout les privilèges qui lui ont été volés durant sa vie si elle acceptait de faire tout ce qu’il lui demandait. Leto a totalement adhéré à la doctrine kormique et a été élevée au rang de grande prêtresse de l’ordre. Pour cacher son visage marqué, elle porte toute une collection de masques. Le masque rouge est surtout utilisé pour les grande cérémonies.

Quelques petites précisions et photos de travaux en cours.

Je voulais aussi travailler sur une nouvelle matière, le snappap ou papier cuir et réaliser un masque inspiré de l’art nouveau. Le masque devait etre leger car assez imposant. Les motifs sont ceux d’un vitrail trouvé dans un vieux catalogue de 1910 que j’ai réutilisé pour tout le masque.

J’ai donc découpé mes parties de masque en papier cuir, les ai peintes en doré, puis pour pouvoir y voir et donner cet effet vitrail, j’ai utilisé du filtre à flash. Pour les autres parties comme le cou ou les épaulières, j’ai utilisé du velours.

Le masque est bien aéré et bien que j’y voit rouge à travers j’ai une meilleure visibilité qu’avec mon masque d’automate.

Le reste de la tenue est une robe toujours inspirée de 1908/1908 avec des motifs brodés ( et des perles cousues à la main partout sur le haut X_x )

 

 

Corset Fourreau Sylphide – 2

Un mois a passé depuis que j’ai commencé à travailler sur ma reproduction du fameux corset fourreau sylphide de Mme Margaine Lacroix. Et j’ai fait énormement de progres dans ma collecte d’informations. Ayant épuisé mes sources françaises et gratuites, je me suis résolue à payer une souscription pour accéder aux archives des journaux américains, esperant trouver quelques bribes d’informations…. Et là cela a été une explosion d’information et de nouvelles photographies. Les tanagréennes de Longchamp on fait beaucoup de bruit là bas. Mais j’en parlerais plus tard.

Ce corset, donc,  m’en aura fait voir de toutes les couleurs. Il est si simple et si complexe. Une gaine élastique avec quelques baleines et des jarretelles intégrées. Ca semble simple. Et pourtant ….

Mais commençons par le début. Le corset sylphide que je tente de reproduire est décrit dans le brevet N° 391.436 du 16 septembre 1908. C’est une modification du premier corset sylphide fourreau dont le brevet date du 5 juin 1908.brevet 1

Le premier brevet était intéressant et je pense toujours exploitable comme doublure de robes tanagréenne. Il s’agit d’un fourreau en jersey de soie avec un jeu de jarretelles en bas qui se positionne en travers de la cuisse pour que le tissu élastique reste bien tendu. Par dessus la robe est directement drapée et cousue.

J’ai pu trouver dans le Oregon Daily journal du 22 novembre 1908 une photo de l’interieur dinside tanagra‘une tanagréenne ( hélas pas la mienne) qui montrait l’exacte réplique des dessins du brevet de Mme Margaine Lacroix ( voir article précédent pour les autres schemas) .

L’ouverture se fait dans le dos et la guimpe est intégrée à la robe. Les cotés sont très longs pour bien emboiter les hanches.

On voit aussi la longue jarretelles en bas à droite qui est sensée passée sous la cuisse et s’accrocher sur le devant. Ce système a été abandonné dans le brevet suivant car trop inconfortable sur la durée.

Toute la lingerie de dessous est supprimée, plus de chemise, de jupon, de pantalons de lingerie, de cache corset etc. Certains articles disent qu’à la rigueur, les femmes peuvent porter un maillot mais guerre plus. Les robes sont tellement moulantes que la moindre épaisseur en plus se verrait. La silhouette n’est plus formée par ces couches de vêtements, elle est simplement gainée.

De notre œil moderne, cela ne semble pcorset-belle-epoque-1ere-partie-L-0Elp71as si révolutionnaire que cela, on voit beaucoup de robes de mariées ou de robes haute couture avec un corset integré, mais à cette époque, il s’agissait d’une vraie innovation La silhouette change radicalement, les tailles sont moins étranglées, la femme retrouve sa souplesse et sa liberté de mouvements. C’est d’ailleurs un des éléments utilisé dans l’une des rare publicité pour le corset sylphide que j’ai retrouvé (bonjour Moina, un jour j’arriverais à trouver des informations sur toi )

 

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Analyse du corset fourreau sylphide

(Je ne suis pas une historienne, je ne saurais raconter l’histoire de Mme Margaine Lacroix, je vous conseille donc la conference de Susie Ralph à ce propos )

Au cours de mes recherches sur les robes de Longchamps, j’etais deja tombée sur un de ses articles appellé “Margaine Lacroix and the dresses that shocked Paris” qui montrait une reproduction de la tanagréenne publiée dans “Les Modes” d’octobre 1908.
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Si quelqu’un avait réussi à reproduire une robe de Mme Margaine Lacroix, c’est que cela était possible. Pourtant je n’ai trouvé qu’une seule reproduction de robe tanagréenne, Celle montré dans cet article et une interpretation de la scandaleuse robe de longchamp pour un evenement steampunk. Aucune autre reproduction. Pourquoi ? Cette créatrice est-elle donc totalement tombée dans l’oubli ? Ou quelque chose dans ses robes semble trop complexe, trop insurmontable à reproduire à cause du manque de données? Peut etre est ce simplement l’impression du manque de structure comme la tournure ou la crinoline qui fait peur ? Je ne sais pas.

En lisant tous ces articles sur les robes de Longchamp et sur Margaine Lacroix, il est revenue régulièrement que les robes étaient drapées sur le corset fourreau sylphide. Il était indiqué qu’il etait fait en tricot de soie et legerement baleiné. C’est un début, mais ne sachant que cela, on ne peut aller bien loin.

Il n’existe pas d’ouvrages à ma connaissance lui étant dédié, et quasiment aucune de ses robes n’est parvenue jusqu’à nous, alors ne parlons pas de ses corsets. Heureusement, je suis tombée sur la photo du corsage sylphide trouvé dans une brochure sur le site du musée  de Varsovie. Cette brochure est une publicité pour le fameux fourreau.
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C’est la base sur laquelle les robes sylphide de Mme Margaine Lacroix sont drapées.
En l’étudiant, j’arrive à le comprendre. Il est fait en jersey et en regardant attentivement on peut comprendre sa construction. Mais comment sont faites les “jambes” ? C’est la partie la plus intrigante. Je sais que la couture à l’entrejambe n’existe pas, car il fallait bien que la femme qui le porte puisse satisfaire ses besoins naturels.
Quant au dos, le laçage est assez bas, mais comment renter dedans. Devait-ont totalement le défaire ? J’aurais pu me contenter d’étudier la photo et sortir une version plus ou moins ressemblante mais… j’ai découvert les brevets de Mme Margaine Lacroix.

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Information et désinformation – Les robes de Longchamps

Avant propos : Cet article est le résultat de recherches dans les journaux et revues parues entre le 11 mai 1908 et le 31 mai 1908, ce qui fait près d’une quarantaine d’articles plus ou moins longs évoquant  l’incident des robes de Longchamps. Ces sources sont disponibles à la consultation sur le site de Gallica.fr et Retronews. Certaines autres sources sont directement issues de scans de journaux d’epoque trouvés sur internet ou en ma possession. Je ne peux affirmer detenir la verité vraie sur cette affaire ( à mon grand regret je n’ai pas de machine à remonter le temps et je ne suis pas douée pour le spiritisme) mais j’espere m’en rapprocher.

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(source : le journal amusant n°466 –  1908)

Que s’est il passé en ce jour de mai 1908 ? Quel est donc ce scandale qui a mis en émoi durant une quinzaine le tout Paris ? Combien étaient elles ? Y a t’il eu une émeute ? Un outrage à la pudeur constaté par les agents de police ? L’une d’entre elle laissait-elle réellement paraître sa jambe ? Etait-ce un retour aux modes du Directoire ? A la dégradation des moeurs ? Seront elles nues la prochaine fois ?

Avant tout, soyons factuel. Voici 3 faits indéniables où tous s’accordent :

La date : 10 mai 1908

Le Lieu : Longchamp

Les faits : Un groupe de mannequins en costume nouveau fait son entrée au pesage de Longchamp.

Mais c’est dans les détails que l’histoire diffère. Les robes sont très moulantes, les jeunes femmes belles et grandes, la couleur de leur tenue est éclatante et… Quelque chose se passe. Quelque chose qui a mis en émoi les journalistes, qui leur a fait grossir le trait et qui a été repris et amplifié par leurs confrères. Voici donc ce qui s’est dit :

1° Elles étaient trois

2° Elles étaient quatre

3° Leurs robes étaient soit rose, bleue, verte, blanche, khaki, jaune, havane, banane, terra cotta, mordoré, bleu egyptien .

4° Leur apparition a crée une émeute.

5° La foule était hostile et railleuse

6° Une des robe était fendue très haut.

7° On a pu voir la jambe de la jeune femme juste au dessous du genou

8° On a pu voir la jambe de la jeunne femme jusqu’au dessus du genou

9° On a pu voir sa jambe entière

10°Elle portait un bas noie

11° Elle portait un maillot de soie rose

12° Elle était d’un blanc de neige

13° Des policiers ont du les raccompagner à leur voiture pour les proteger de la foule

14° Une des jeune femme s’est vu dressé un procès verbal pour outrage à la pudeur

15° Le couturier les a accompagné tout du long et une fois rentrés de Longchamp il leur a donné 5 louis d’or et elles ont pleuré

16°Ce sont des robes Directoire, tout droit sorties de l’époque de Mme Tallien.

Quel scandale ! Non seulement elles étaient tellement moulées dans leur robe qu’on pouvait deviner leur académie, mais en plus on a vu une jambe ! La legende des robes de Longchamp était lancée. More

Des corset, du tricot, des corsets en tricot …

Arrivée à la constatation qu’il existait bien plus que des corsets droit à la belle époque, je me suis plongée dans la recherche. Le corset fourreau sylphide de Mme Margaine-Lacroix, ne pouvait pas être un corset avec jupon integré, j’en avais la quasi certitude. Cela contrevenait à tout ce que j’avais pu lire dans tous les articles de presse sur les courses de longchamps de 1908 et les robes tanagreennes.

Mais à quoi ressemblait il donc ce corset fourreau sylphide ? Au maillot de Mme Guillot (voir post precedent)  ou à un autre type de corset que je n’avais pas encore vu ? Ce maillot d’ailleurs, lorsque j’ai posé la question sur un groupe d’aide, a semblé pour certains n’etre qu’un vetement pour faire parler de la maison, pas quelque chose de reellement utilisé par les femmes. Et pourtant .. pourtant, si il a été publié dans une revue aussi réputée que Les Modes, c’est bien qu’il devait avoir une réelle utilité. Pas juste une nouveauté vite oubliée.

J’ai d’abord étudié les réclames que j’avais à disposition dans toute sles revues d’entre 1900 et 1910 que j’avais à disposition. Sur une seule année (1909 – La nouvelle Mode)  j’ai trouvé des réclames pour plus d’une dizaine de corsets différents. Beaucoup semblables, droit devant et en coutil, mais certains plus surprenants. En regardant juste les gravures on ne les distinguent pas forcement les uns des autres (mais on notera que lorsqu’une gravure représente un corset mixte en tricot et coutil ou batiste, la partie en tricot est souvent légerement rayée) mais ce sont les descriptifs qui révèlent l’existence des parties en tricot ou en caoutchouc. Principalement sur les hanches.

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Peut être le corset sylphide de mme Margaine Lacroix etait-il un corset entierement en tricot ou en baptiste mélangé, aux hanches longues en tricot ? Impossible de trouver une image, une réclame montrant clairement son fameux corset. Pourtant les descriptions me faisaient vraiement tendre vers le maillot en tricot.

Mais tricot, tricot, toujours ce mot tricot. N’est ce pas un peu contradictoire avec un corset, une armure rigide devant mouler le corps de la femme pour lui imposer la forme parfaite ?
La question fait fortement débat à l’époque. La femme devient de plus en plus active, sportive même. Le corset des aïeules ne convient plus, mais le corset est une institution difficile à faire bouger, on le pense indispensable pour la bonne croissance et le soutien du dos.

Dans un ouvrage de 1903, « Hygiène de la femme, alimentation, vetements, soin corporels d’apres l’enseignement et la pratique » du Dr Shultz (disponible sur gallica), la question du corset et des contraintes sur le corps est d’ailleurs détaillée. C’est l’époque des hygiénistes et un projet de loi fut d’ailleurs proposer pour interdire le port du corset aux femmes de moins de 30 ans ( mais ça c’est une autre histoire, qui a plus rapport avec les grosses interrompues pour port de corset trop serré ). Sous forme de question réponses, le chapitre parle des mefaits du corset et des robes collantes. Compression de l’estomac, gene respiratoire, enlaidissement etc … suivant les cas, si la femme est « bien faite » il preconise le non port du corset, cachant son absence par certaines artifices

Quels sont dans ces cas les artifices de toilette, pour qu’on ne s’aperçoive pas l’absence du corset?

Les femmes portent dans ces cas, soit de petites ceintures baleinées — soit des larges ceintures en tissu forte très resistant(coutil), embrassantles hanches et le ventre, pour fixer sur elles, leurs jupes et jupons, — soit des maillots de tricot, soie, recouvrant le corps entier, les bras et les jambes.

Grâce à la constriction élastique qu’exercent les mailles du tricot, un tel maillot de soie semble doubler la fermeté de la peau; il empêche l’affaissement des parties molles du corps et assure la stabilité de ses contours.

Cela me rappelle quelque chose … tiens … Mme Guillot et son maillot de theatre … Serait-il donc fait en tricot de soie ?

Reste un autre mystère quant à ce vêtement. « Et si on doit faire pipi ? »

La réponse m’a été donné par la video d’une youtubeuse tricoteuse qui a reproduit un maillot de laine de 1892.

Le vêtement est donc fendu, comme les pantalons de lingerie, mais le collant des mailles le dissimule. La forme qu’elle a réussi à créer ressemble, aux baleines près au maillot de mme Guillot. Je suis donc sur la bonne piste.

Ces maillots de tricot ont donc existé et étaient répandus, et ce depuis au moins 1888 ( la plus vieille publicité que j’ai pu trouver ). Je ne sais pas si il s’agit d’une invention américaine, mais je le suppose, n’ayant trouvé de publicité si anciennes que dans des revues américaine et sous le nom de Union Suit.

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Cela ne vous rappelle t’il pas quelque chose ? Dans les albums de Lucky Luck, lorsque les Daltons dépouillent les voyageurs des diligences et qu’ils se retrouvent en sous vêtements ?

Mais dans les descriptifs que j’ai, il s’agissait de tricot de soie. Bien que l’industrie de la mode soit remplie d’une veritable armée de petites mains agiles ( et exploitées) je doute que ces maillots ou corsets de soient fussent tricotés à la main. Et puis à quoi cela ressemble-t-il du tricot de soie ?

Après un nouveau tour sur Gallica, j’ai trouvé un premier brevet de 1825 pour un metier à tisser le tricot de soie. Puis d’autres references sur le tissage du tricot de soie à à Ganges. Puis une photo d’un maillot de soie de 1912

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Le tricotage est d’une extreme finesse.

Remetons dans l’ordre et résumons donc ce que je sais :

  1. Les maillots tricotés sont connus depuis au moins 1888 (aux USA) et munis d’une fente à l’entrejambe
  2. Les hygiénistes préconisaient deja en 1903 les maillots en tricot de soie pour leur compression légère mais sans danger pour les organes plutot que le corset forcement serré
  3. La soie se tricote mécaniquement en france depuis 1825 et permet donc une production plus rapide que le tricot à la main.
  4. Mme Guillot a crée en 1908 une combinaison moulante legerement baleinée, probalement en tricot de soie.
  5. Mme Margaine Lacroix a décrit son dessous de robe tanagréenne ou sylphide comme une combinaison moulante legerement baleinée sans jamais faire mention de jupons.
  6. Dans les modes du figaro de 1907, il est fait mention du Corset Sylphide en tricot de soie “gantant les formes”, sorte de “maillot idéal”

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 Restait encore à découvrir si le corset fourreau sylphide était un corset maillot ou non. Et ça, je l’ai découvert … A Varsovie.

 

Margaine-Lacroix, robes tanagréennes, corset mystère.

Avant toute chose, je tiens à préciser que je ne suis pas historienne du costume. Je n’ai pas cette prétention. Je suis plutôt une colleteuse de données, d’anecdotes, de photos. Mes sources sont quasiment uniquement constitués de documents d’époque, principalement des journaux de modes, des quotidiens ou des essais. Peut être est un bien, peut être est ce un mal, je ne saurais dire. Je lis, je regarde, je coupe, recoupe, compare, déduit de ces documents. Mais il est parfois bien difficile de pouvoir trouver l’information nécessaire lorsque l’auteur d’un article “ne veut pas nous faire l’affront de nous décrire des toilettes que nous pouvons aller admirer par nous même au théâtre cette saison.” Ah, si seulement la machine à remonter le temps pouvait me renvoyer là bas … Et aller secouer ces auteurs !
Ceci étant dit, passons aux choses sérieuses !

Depuis des années je suis obsédée par la rupture de forme dans la silhouette feminine entre 1907 et 1908. De la femme pigeonneuse au corsage très décoré et en volume, on est passé à la femme liane au corsage plus lisse. Je n’arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui avait provoqué ce changement si radical (façon de parler, évidement, toutes les femmes n’ont pas adopté cette mode). Bien que les couturières parisiennes de l’époque semblaient s’inspirer les unes des autres et que la robe dite princesse semblait faire doucement son chemin, cette rupture me paraissait très soudaine.

Je suis alors tombée sur cette photo, représentant trois modèles dans des robes “tellement collantes qu’elles semblaient ne rien porter au dessous”.
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Trois modèles portant les créations de Margaine Lacroix aux courses de longchamps – Mai 1908 – photo de couverture de l’Illustration

Ce petit “scandale” fit beaucoup de bruit, plusieurs journaux publièrent des articles sur ces femmes, et leur créatrice, Mme Jeanne Margaine Lacroix

Pour comparaison, voici une photographie d’autres femmes durant cette même course.
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A partir de là, bien des élegantes parisiennes se mirent à vouloir porter de telles robes et à créer de petits incidents tant ce type de tenue était osé ( il est rapporté qu’une parisienne à cheval portant une robe sylphide aurait détourné l’attention d’un conducteur, le faisant rentrer dans la voiture de Winston Churchill ). En effet, ces robes étant tellement moulantes, un vrai corset baleiné comme les corset droit de cette époque aurait été visible, ainsi que les nombreux jupons habituellement portés.

Mme Margaine-Lacroix est une couturière parisienne qui dès 1899 a commencé à créer des robes dites Sylphide, des robes que l’ont pouvait porter dans corset.
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Art et chiffon – novembre 1899 – La robe sylphide

Toute la structure étant cousue à l’intérieur de la robe, de façon à ne pas nécessiter de corset pour modeler le corps de la femme. ( attention, il faut aussi garder à l’esprit que les jeunes femmes de l’époque étaient entrainées à porter le corset depuis leur plus tendre enfance et que leur taille était différente des femmes contemporaines )
Mme Margaine-Lacroix, a depuis 1899, crée plusieurs robes sylphides sans corset, suivant les gouts de la modes, mais cherchant à sublimer le corps des femmes sans leur imposer le rigide corset droit, selon ses propres propos

Certaines de ses robes somptueuses etaient drapées sur le corps, donnant une impression de silhouette etherée, liane, leur permettant une meilleure liberté de mouvement. C’est ainsi qu’elle créa le corset sylphide et la brassière sylphide.


Dans le Gil Blas de 1908, concernant les fameuses robes de Longchamps, elle explique elle même que la femme ne portait que deux vêtements, la robe en elle même et un maillot de dessous, legerement baleiné servant de doublure

Les élégantes parisiennes commençant à porter la sylphide ( ou tanagréenne ), voici ce que décrit un article issu des Nouvelles Modes de 1908, une description est faite de ce que portait les femmes en dessous de ces fameuses robes collantes.

“L’unique dessous est l’étroit maillot en jersey de soie de la couleur de la toilette. On peut toujours craindre quelque transparence de ces minces étoffes et la maillot rempli l’office de doublure. Comme le moindre pli, la moindre irregularité interieure se marque en relief sur l’etoffe, ce qu’il faut eviter à tout prix, certaines femmes suppriment les jarretieres et les bas en portant un maillot qui descend à la cheville et par dessus lequel on met comme les hommes des chaussettes de soies de la nuance du jersey”

Ca m’a vraiment vraiment intrigué et derangé beaucoup de certitudes sur le corset de la belle époque.

Je suis alors tombée, qui correspondait à cette même description mais je n’arrivais pas à en trouver la source et à savoir si elle pouvait être attribuée à mme Margaine Lacroix ni de quand il datait.
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Ce vêtement, m’a fasciné. Qu’est ce que quoi, comment, comment une telle piece pouvait exister en 1900 et des brouettes. Mais de la tenacité et Gallica m’ont permis de trouver son origine.

Il s’agit d’un maillot de ville et de theatre crée par Mme Guillot, une corsetière parisienne, et paru dans la revue Les Modes de juin 1908 (tiens tiens tiens, seulement un mois après longchamps… ). Ce dessous est aussi designé comme corset mystere, mais il semblerait que ce soit une appelation donnée à plusieurs corsets de Mme Guillot comme son premier brevet date de 1902. Mme Guillot qui a crée des corsets dont certains n’etaient pas baleinés, juste comprimant les formes et laissant liberté de mouvements

C’est là que je me suis rendue compte que mon idée d’un corset belle époque, était loin d’être complete. On imagine souvent ce corset comme un corset en S, droit devant qui fait ressortir les hanches, en coutil et très fortement baleiné. J’avais connaissance du corset fourreau, un corset dont les jupons étaient cousus dessus afin de cacher la ligne de taille sous les robes princesse
Mais en réalité, une multitude de corset et de “maillots” sont apparus, utilisant des bandes de caoutchouc, des laçages elastiques, moins de baleines ou même …. du jersey et du tricot ! Un corset en tricot !

Voici donc, les premieres découvertes de mon exploration de la face cachée du corset de la belle époque.

La suite bientot….

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