Livre II – Haru – Les dernieres heures d’Azuria

Vous voici au commencement de l’Histoire, une histoire aux origines incertaines, dont les racines prennent vie loin, très loin dans l’univers d’Azcor. Une histoire qui commença par une fin.

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LT: Haru – An 0

**Enregistrement transmission. Temps universel an 3992 de la Seconde Ère treizième mois stellaire. Temps Azurien an 2312 troisième domeï dixième cycle.**

Moi, Anaya Moëken Urssate, membre du Haut Parlement Azurien, responsable de la délégation scientifique Azurienne, Chef de projet 34.6-2A, nom de code, Les Trois Épées. Saine de corps et d’esprit souhaite confesser mes crimes en ces temps troublés. J’espère qu’un jour ce message sera décodé et que vous, enfants du futur, ne referez pas les erreurs de vos aînés. Notre vanité nous a conduits à notre perte et l’heure est venue de payer.
Le peuple Azurien sait que sa fin est proche même si notre gouvernement a toujours tout fait pour lui cacher le danger qui le guette. Certains de mes compatriotes ne savaient même pas que nous sommes au cœur d’une guerre interstellaire. Même après avoir été informés par voies officielles beaucoup préférèrent l’ignorer. Je les comprends et bien des fois j’ai voulu oublier les horreurs dont nous sommes indirectement responsables. Ce seront peut-être les dernières heures de notre chère planète mais j’espère avoir le temps de finir cet enregistrement et de mettre l’Enfant en sécurité. Il sera le seul vestige de notre technologie et la clé de cet univers.
Pour ma défense je pourrais dire bien des choses mais je suis coupable et je sais que je mérite ce châtiment. Je déplore juste que beaucoup d’innocents doivent mourir pour expier les fautes du Haut Parlement, mais nous sommes un peuple fort et résigné. J’entends les enfants jouer depuis la fenêtre de mon bureau, peut être devrais-je faire comme tout le monde, oublier l’horreur de la sentence et aller rejoindre ma famille pour profiter de mes derniers instants. Non, je préfère rester et faire face. J’ai encore tellement de choses à dire et tellement de choses à faire. Je pourrais m’enfuir, prendre une navette et partir. J’ai les clés de tous les bâtiments et même si l’armée a bouclé toutes les aérogares pour empêcher les gens de partir sous peine de descendre leurs navettes, il y a toujours moyen de contourner leurs radars.
Notre monde semble fou, nous allons mourir mais j’ai l’impression que la vie a repris de plus belle sur Azuria, les chants des oiseaux semblent plus présents que d’habitude, les gens vont et viennent, discutent, vivent comme s’il y aura toujours un lendemain. Une journée normale même si au fond de leurs yeux on voit la peur et la tristesse. Mon peuple a les yeux bleus. Les miens le sont depuis plusieurs jours. Je n’ai pas peur de cette mort programmée mais je suis triste que cela doive se finir ainsi.
Hier soir le Haut conseil a fait une annonce officielle, le président avait l’air abattu mais sa voix ne tremblait pas. Étrangement il n’y a eu ni panique ni mouvement de foule, quelques vieilles femmes se sont évanouies, des amants ont fondu en larmes serrés l’un contre l’autre mais d’une manière générale la nouvelle a été reçue avec fatalisme. Il a aussi annoncé l’interdiction de fuir, personne ne s’est rebellé même si dans la nuit plusieurs navettes ont décollé. Toutes ont été abattues par l’armée.
Aujourd’hui personne ne travaille, les gens vivent leurs dernières heures dans l’insouciance la plus totale, c’est mieux ainsi. Je parle je parle mais je ne dis rien. Peut-être ai-je vraiment peur et tente de retarder l’instant où je devrais confesser mes crimes…. Pourtant tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour la gloire d’Azuria. Du moins je le pensais, mais nous avons été roulés par des forces plus grandes que nous. D’ailleurs je crois que l’Enfant était aussi un de leurs plans. Mais ils ne l’auront pas. Il dort gentiment dans mes bras, même s’il n’est pas mon fils je le considère comme tel. Pauvre innocent pris  au cœur d’un complot immonde. J’espère qu’il saura choisir son camp quand il aura assez grandi pour comprendre.
En repensant à tout ça je me demande comment nous avons fait pour ne pas nous rendre compte que nous étions tous manipulés. Peut-être parce que nous sommes un peuple lâche, que nous préférons nous mentir à nous-mêmes plutôt que de faire face. Eyaren s’était opposé au projet d’approvisionnement en armes des deux forces ennemies. Il est mort trois cycles après ses déclarations. Motena qui avait formé un comité contre la recherche bactériologique à usage militaire s’est fait assassiné peu de temps après ainsi que tous les membres du comité, les uns après les autres. Pour le Haut Parlement toutes ces morts ont été classées sans suite, accident, suicide ou vengeance amoureuse… Et cela a duré jusqu’alors. Les deux premiers membres du Haut Parlement nous ont toujours fait peur. Même s’ils n’étaient pas Azuriens de naissance ils ont réussi à être élus dans les hautes sphères. Comment, cela reste un mystère … Le président est de mèche. Je suppose qu’ils lui ont promis de l’épargner. Une vie contre dix millions d’autres. Le prix est élevé ….
L’Enfant est réveillé, il gazouille dans mes bras mais semble inquiet, ses yeux ont d’étranges reflets noirs, c’est inquiétant. Il a beau être une arme dangereuse, créée de toutes pièces dans mes laboratoires, je ne peux m’empêcher de l’aimer. Pourquoi ai-je accepté de participer à ce projet ? L’argent et la gloire. A l’époque je pensais encore servir Azuria mais c’était déjà Eux que je servais, les innommables.
On frappe à la porte….
Mes amis sont arrivés, Hana va s’occuper du petit, il faut faire vite.

*** Fin de Transmission***

**Enregistrement transmission. Temps universel an 3992 de la Seconde Ère treizième mois stellaire. Temps Azurien an 2312 troisième domeï douzième cycle.**

Hana et Atoya sont partis, ils ont pris la navette du laboratoire. C’est un prototype mais elle devrait les conduire sur Sigmée. Je leur souhaite tout le bonheur du monde. Elle a déjà passé les radars, c’est une bonne chose. Hana va élever l’enfant comme son propre fils, espérons que jamais il n’ait à se servir de ses pouvoirs. J’aime à l’imaginer grandissant sur les collines de Sigmée, courir dans les champs et grimper aux arbres comme tous les petits garçons, grandir encore et se marier, fonder une famille et vivre longtemps. Insouciant et libre. Hana m’a demandé de le baptiser avant de monter dans la navette. Elle m’a dit en riant qu’Expérience numéro 12 Projet – 36.4-2A code Trois Épées  risquait d’être lourd à porter. Le rire d’Hana me manque déjà… Je lui ai donné le nom de mon grand-père, Haru. Elle l’a écrit sur son bracelet d’identification. Hana n’a pas pleuré pourtant les larmes étaient dans ses yeux bleus… J’espère que bientôt ils retrouveront leur rose d’antan. Atoya est le meilleur mari qu’elle ait pu trouver. Il saura la protéger.
Le ciel s’assombrit, je sens qu’ils sont proches. De ma fenêtre ouverte je vois le ciel se colorer de plomb. Une boule de feu vient de jaillir des nuages et de détruire le Haut Parlement. C’est donc ça notre mort ? Une pluie de feu…. Les gens semblent se réveiller. J’entends les cris de peur et d’agonie. Les gens fuient comme des insectes fous, mais nulle échappatoire. Ce message sera le témoignage des derniers instants d’Azuria, c’est vaniteux de ma part mais cela me donne l’impression que ma mémoire survivra au temps. Je joins à mon message toutes mes recherches, toutes mes données et mes mémoires, j’espère que celui qui trouvera cette capsule saura en faire bon usage.

**Fin de Transmission**

La femme se leva et prit l’enregistrement. Elle le glissa dans une capsule et sortit de la pièce. Dehors le feu pleuvait donnant au ciel des reflets fauves. Elle marcha d’un pas pressé vers un des sas de lancement du bâtiment, spécialement équipé par ses soins pour envoyer du courrier inter planète. Ses mains tremblaient mais elle réussit à entrer les coordonnées souhaitées. Elle plaça la capsule dans le petit appareil postal et ordonna le lancement. La micro navette s’ébranla et disparut dans une des nombreuses rampes de lancement de la salle. Elle parut soulagée en lisant sur son écran que la navette avait bien décollé. Au-dehors les cris et le bruit étaient de plus en plus insupportables. Par un hasard pervers le bâtiment qui abritait les expériences qui avaient provoqué ce courroux divin était encore debout. Elle sortit sur une des terrasses et regarda ce qui restait de sa ville, sa fierté. Beaucoup de monde s’était réfugié dans la grande bâtisse, espérant réchapper de cette catastrophe. Un silence morbide régnait sur les décombres fumants de la plus grande civilisation d’Azcor. Seuls les râles des quelques survivants pouvaient se faire entendre au loin. Tout avait été tellement vite. En quelques minutes une planète avait été dévastée. Pourtant quelque chose dans l’air leur disait que le châtiment n’était pas terminé.
Les nuages s’ouvrirent et un vaisseau de guerre d’origine inconnue descendit sur les ruines. Anaya ne put s’empêcher de rire, comprenant enfin la folie immense de ses tortionnaires. Ils ne reculeraient devant aucun sacrifice pour arriver à leurs fins . La destruction d’une civilisation sous la prétendue sentence de crime contre la paix interstellaire n’était que de la poudre aux yeux.
Le vaisseau s’immobilisa totalement et la passerelle s’ouvrit. Deux êtres qu’elle connaissait bien en descendirent. L’un avait même été son amant durant de longues années. Fey Ralith. Mais cette fois elle ne se laisserait pas faire, elle aussi pouvait être plus intelligente qu’Eux.
Les deux anciens membres du conseil descendirent lentement, un sourire carnassier aux lèvres. Anaya se dit qu’elle devait être la seule à assister à ce spectacle, les survivants étant trop apeurés, terrés dans leur coin, pour oser sortir. Elle s’avança sur le perron de la porte nord, faisant face aux deux arrivants.
«Jolie Anaya, tu as été une bien vilaine fille.» lui susurra Ralith quand elle fut à son niveau. «Donne-nous l’enfant et j’ épargnerai ta petite vie. Peut-être même celle de tes derniers compatriotes si tu te montres coopérative.»
«Va crever Ralith.» Elle lui cracha au visage et rit. « Tu n’as plus d’emprise sur moi! L’enfant tu ne l’auras jamais»
«C’est ce qu’on va voir sale petite mhoeus!» Il la gifla si fort qu’elle alla s’écrouler quelques mètres plus loin. «Donne nous l’enfant ou tu mourras…»
«Je suis déjà morte, je n’ai plus peur.» Elle sortit un boîtier de contrôle de sa poche et appuya sur le bouton. «Adieu Fey, tu n’auras pas le temps de retrouver l’enfant avant la destruction de la planète.»
Le sol trembla et dans un fracas inouï  une immense ogive jaillit du sol. Un compte à rebours s’amorça, quelques secondes seulement. Ralith pesta et attrapa Anaya par la gorge pour l’emmener avec lui, elle ne pouvait destiner l’enfant à la mort après toutes ces années de recherche, elle devait l’avoir caché hors d’Azuria. Il essaya de la sonder mais elle fut plus forte que lui. Avant qu’il ait eu le temps de réagir elle lui planta un couteau dans le ventre. La douleur fut si intense qu’il la relâcha. Son compagnon l’aida à se relever. Il voulut rattraper Anaya pour l’emmener avec eux mais il était déjà trop tard. Quand Ralith relâcha sa prise elle se recula, leva son poignard vers le ciel et se trancha la gorge.
Le compte à rebours arrivait à sa fin. Ils se hâtèrent de remonter dans leur vaisseau et de quitter la planète.

Sur son écran de contrôle Atayo remarqua un voyant qui s’allumait, Anaya avait donc décidé de détruire Azuria. Depuis le hublot de la cabine de pilotage ils avaient assisté à la destruction de ses habitants, vu les boules de feu sortir de nulle part et raser la planète, mais ils ne pensèrent pas que Anaya aurait le courage de détruire complètement Azuria. Hana pleurait à son coté, serrant l’enfant dans ses bras. «Va le mettre dans la capsule de protection, nous ne sommes pas sortis de la zone de risque, ça peut être dangereux.» lui dit Atayo.
Hana hocha la tête et plaça Haru dans la capsule. Elle lui attacha son harnais de sécurité, lui mit une couverture pour le border et referma le couvercle transparent avant d’aller se rasseoir aux côtés d’Atayo. Elle n’eut pas le temps de s’attacher qu’une intense lumière recouvrit la planète. L’explosion fut si violente qu’elle leur fit perdre le contrôle de la navette. La lumière disparut aussi vite qu’elle était apparue mais à la place d’Azuria il ne restait plus rien, une constellation de débris de planète. La navette était incontrôlable et alla se fracasser contre un énorme astéroïde, ouvrant une brèche dans le flanc. Ses occupants furent tués sur le coup. Seul dans le silence de l’espace résonnairent alors les pleurs d’un enfant.

***
« Ca n’est pas … Non … Non… »  Dante regardait la carte qui s’affichait sur l’écran poste de commande, incrédule. Tout s’était passé si vite. Il y avait eu une intense lumière, puis le vaisseau avait été secoué tel un navire pris par une lame de fond avant de s’immobiliser comme si rien ne s’était passé. Les dégats étaient superficiels, quelques contusions parmis l’équipage restreint et un peu de casse mais de serieux, si ce n’est ce vide sur la carte que fixait Dante. Là où aurait dû se trouver une planete, il ne voyait que le néant. Les radars ne detectaient plus rien si ce n’est une sorte de nuage sombre composé d’astéroides et de débris de ce que fût Azuria.
« Quel sont vos ordres ? » Le capitaine regardait le premier conseiller, l’air tout aussi perdu.
Dante continuait à fixer la carte, pionotant compulsivement sur la console de contrôle à la recherche d’informations, totalement indifferent à  l’agitation et aux exclamations d’horreur de l’équipage.
« Lord Dante ? » Il posa sa main sur son épaule le faisant sursauter. Ils avaient du mal à  se rendre compte de la tragédie à laquelle ils avaient assisté quelques instants plus tôt. Comment comprendre cette folie qui avait mené à la destruction d’un peuple entier ? Dante secoua la tête, incapable de répondre à cette question. Il avait échoué. Il n’était pas arrivé à temps pour empecher cet acte. Il n’y avait plus grand chose à faire mais il voulait voir de ses propres yeux ce qui restait de la Grande Azuria.
« Capitaine Olnam… En avant toute, il faut aller voir et porter secours… » Il detourna la tête et se dirigea vers la grande vitre du poste de commandement, plongeant ses yeux dans l’immensité noire de l’espace. « Si il reste encore quelque chose à sauver… »

Le voyage lui parut une éternité et il se rememorra tout les evenements qui avaient précipité la chute de ce peuple si brillant. Tout était allé si vite là aussi. Il n’avait rien vu venir. La guerre avait repris de plus belle depuis deux ans et le conflit semblait s’enliser, sans issue acceptable pour les deux parties. C’était un combat à mort où personne ne sortirait vainqueur. L’empereur lui-même était totalement desemparé et l’anniversaire de la mort de sa chère et tendre épouse, dix ans auparavant l’avait plongé dans une sorte de torpeur, le laissant incapable de gouverner. Il ne savait pas quel procedé le Général avait obtenu le déclenchement de l’état d’urgence, lui donnant les pleins pouvoir, mais Lord Byron Ol’Daerl était devenu le seul maitre à bord de l’Empire Garian. Bien qu’il fût le père d’un de ses meilleurs amis, Dante n’avait jamais apprécié cet homme froid et calculateur. Il avait été proche de l’Empereur Genh avant de se retourner contre lui et precipiter sa chute, mais Dante n’était pas certain que cela ne soit plus par opportunisme que par conviction. Mais il été resté au Palais malgré tout et avait grimpé les échellons jusqu’à devenir le Générale en chef des Armées Gariannes réunies.
A partir de ce moment là, les choses avaient commencé à changer. Le discours d’apaisement envers les emissaires onnassien s’était transformé en propagande de haine et la guerre s’est durcie jusqu’à atteindre son apogée quelques mois auparavant, lors des bombardements qui avaient ravagé une grande partie des Terres de l’Est et où se trouvait le plus grand Sanctuaire de l’Empire, une zone sous la bannière de la Tuerma Blanche, une organisation qui portait secours à tout un chacun au travers du système d’Azcor, sans distinction de race. Le Sanctuaire d’Iltulya avait été classé zone neutre plusieurs décennies auparavant, offrant un havre de paix relative à tous, loin des conflits, mais les Princes d’Onnassis en avaient decidé autrement. Faisant montre de leur puissance et leur détermination à anéhantir Gariat, ils avaient entierement détruit le sanctuaire, faisant plusieurs milliers de morts.
Il repensa alors à cette phrase qu’il avait si souvent vue, brodée sur les uniformes des prisonniers ou des cadavres de militaires onnasiens. « Tue la mère avant qu’elle n’enfante le soldat qui te tuera. » murmura-t-il.
« Vous disiez, Lord Dante ? » le Capitaine Olsam se tenait à coté de lui. Il avait repris ses esprits et contemplait l’espace, le regard impassible.
« Non, rien, je reflechisais à voix haute. A votre avis, qu’allons nous trouver là bas ? »
Le capitaine passa sa main sur son bouc, l’air pensif. « Rien de bon, je le crains. Si la planete n’est plus visible sur nos cartes c’est qu’elle n’est plus, et ceux qui la peuplait non plus. Peut être trouverons nous quelques navettes en perdition qui auront pu s’échapper avant que les trois flottes n’ouvrent le feu. » Lui non plus ne comprennait pas comment tout cela avait pû arriver, mais il ne dit mot. Comme beaucoup, le referundum qui appelait le Peuple Garian à voter pour ou contre une sanction contre le peuple Azurian, responsable selon le gouvernement d’avoir fourni des armes aux deux camps et comploté pour faire durer la guerre l’avait surpris, mais il avait fait son devoir et il regrettait son vote, dicté certainement par la lassitude de la guerre et l’espoir de la voir se terminer enfin. Mais quand les journaux avaient publié les résultats et annoncé qu’une alliance avec Onnasis et Minerva avait été conclue et que la culpabilité d’Azuria avait été établie, il avait eu du mal à réaliser l’ampleur de cet evenement.
Le matin même il avait reçu des ordres très clairs. Tout les vaisseaux non armés avaient obligation de rester à terre jusqu’au retour de la flotte, alors quand le Premier Conseiller Impérial avait réquisitionné son vaisseau pour se mettre à la poursuite du Général, il avait tout d’abord refusé. Seul le général et l’empereur avaient autorité sur lui et surtout, Lord Dante n’était pas sensé se trouver là, mais à l’hopital, en convalescence. Il avait été victime quelques semaines plus tôt d’un attentat qui l’avait laissé aux portes de la mort. Et pourtant il se tenait là, face à lui, l’air plus determiné que jamais. Olsma n’avait croisé que peu de fois cet homme, mais il avait toujours été impressionné par la force qui se dégagait de lui et cette droiture. Il avait essayé de le dissuader, que c’était trop tard pour rejoindre la flotte Garianne, mais il l’avait écarté de son chemin et l’avait menacé de prendre les commandes du vaisseau si il ne décollait pas immédiatement. « Même si c’est impossible, il faut tout tenter. Il y a deja eu assez de sang versé durant cette guerre. Onnasis et Minerva ont signé un pacte d’Alliance pour attaquer Azuria. Pourquoi ? Pourquoi ont ils réussi à s’entendre pour anéantir un monde au lieu de mettre simplement fin à une guerre ? Si vous refusez d’agir, pourrez vous vivre avec la mort de tout d’un peuple sur la conscience ? Pourrez vous vivre en sachant que vous n’avez rien tenté, même quand vous en avez la possibilité ?» Lord Dante avait posé cette question d’un air absent, sans vraiment s’adresser à lui alors qu’il commençait à mettre en marche le panneau de contrôle de l’appareil. « Moi je ne pourrais pas. »
Olsam avait vu la souffrance dans les yeux du Premier Conseiller Impérial, une souffrance qui n’avait rien à voir avec la douleur que lui provoquait ses blessures. Il l’avait repoussé en douceur vers un siège, le voyant à bout de force et avait ordonné le décollage. Qu’importe si à son retour il était jugé pour insubordination et radié de l’Armée. Lord Dante avait raison. Il savait qu’ils n’avaient aucune chance, mais il devait quand même essayer.
[…]

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