Protected: La Dynastie Parezel – Prologue

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Protected: Avec un D majuscule comme D…

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La dynastie Parezel – A partir du 1er novembre

A partir du 1er novembre, je commencerais à poster les dix premiers chapitres de la Dynastie Parezel, le second tome de ce cycle.
Comme il contient beaucoup de spoiler, les posts liés à ce second roman seront protegés par un mot de passe que seul les personnes ayant acheté La Lijhline peuvent connaitre.

Pour ce faire, rendez vous page 274 de votre livre, le mot de passe est le nom de l’usine évoquée dans le second paragraphe (commençant par un D )

La dynastie Parezel – La Voix de l’Aube

[…]« Si le plan a changé, comme tu dis, je transmettrais les instructions. » Les mains légèrement tremblantes il lui rendit le masque de Klara. « Mais ils ont besoin d’une preuve, ils ont besoin de l’entendre de la Voix de l’Aube en personne.»

Sans un mot, Maebel fit basculer l’interrupteur qui actionnait le phonographe. La pièce alors silencieuse s’emplit d’un chant qu’il avait déjà entendu de nombreuses fois, d’abord un murmure, hésitant et fragile qui enfle à mesure que le cylindre tourne, jusqu’à envahir la pièce d’une voix claire et forte, un chant aux accents tristes et révoltés. Keegan en eu le souffle coupé. Il s’adossa au mur et ferma les yeux, laissant cette voix le pénétrer jusqu’au plus profond de son âme. Les dernières notes achevée, la Voix de l’Aube prononça quelques mots, une simple phrase que Keegan répéta à voix basse, comme pour ne pas l’oublier. Sans rien ajouter il hocha la tête en direction de Maebel. Elle lui sourit brièvement et lui tendit le cylindre qu’ils venaient d’écouter.[…]

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J’ai entamé il y a plusieurs mois la rédaction du second tome de mon cycle Parezel. Il avance doucement, et je me refrène grandement de poster les premiers chapitres ici, qui hélas gâcheraient le suspens du tome 1 . Cependant, une fois le premier tome paru, je mettrais un place un système de mot de passe qui permettra aux personnes ayant lu le premier tome de lire les 10 premiers chapitres du tome suivant… Donc si tout se passe comme prévu ( bien que certaines aléas aient déjà retardés la parution ) je compte bien le publier dans le courant septembre et ainsi pouvoir proposer quelques exemplaires sur le stand BJD qui sera à l’Animasia en octobre.

En attendant, malgré des difficultés d’écriture, je compte bien aller au bout de ce projet.

La dynastie Parezel – Chapitre I

(mis à jour le 23/08/13 )

« Pourquoi n’y a-t-il pas de ballerine ? » Elle s’était assise dans la poussière, sans se soucier de salir sa volumineuse robe de dentelle et le regardait réparer un des petits automates du théâtre mécanique qui l’avait tant fait rire quelques heures auparavant. « Pourquoi des jongleurs, des dompteurs, des musiciens, mais pas une seule danseuse ? » Elle avait pris cet air soucieux qui la faisait sembler bien plus vieille que ses douze ans, comme si cette question était la plus importante qui soit et l’observait, attendant une réponse. Elle s’était installée à quelques centimètres de lui à peine, sans qu’il ne remarque sa présence, jusqu’à ce qu’elle lui adresse la parole. Il avait sursauté et le pauvre jongleur était tombé à terre, perdant définitivement le bras qu’il avait d’abîmé. Elle ne sembla pas s’en émouvoir et ne bougea pas quand il se pencha pour ramasser le minuscule membre du personnage, tombé juste à côté de son genou.

 « Qu’est-ce que tu fais là toi ? Le spectacle est fini, va retrouver tes parents ! » Il était à peine plus âgé qu’elle mais sa voix était dure et glaciale, comme celle d’un homme qui avait vu bien trop de choses dans sa vie pour laisser place à quelques sentiments.

 « Si tu construis tes automates comme tu répares ce jongleur, cela ne m’étonne pas que tu sois incapable de créer une ballerine. C’est bien trop délicat pour un rustre comme toi. » Elle avait prononcé cette phrase à voix haute, mais n’avait pas bougé de son poste d’observation, les yeux rivés sur l’arrière du petit théâtre où étaient encore couchés les personnages miniatures qui l’avaient tant amusé. Il y avait quelque chose de décalé dans sa façon de s’exprimer et son allure de tout petit oiseau, perdu dans son immense robe de dentelle et de tulle. Il hésita un instant à la chasser, mais ne put s’empêcher d’éclater de rire en la regardant. Elle leva ses grands yeux d’un bleu délavé vers lui et lui sourit sans ajouter un mot.

 « T’as pas froid aux yeux toi, dis donc, pour une gosse de riche » Mais comprenant qu’elle ne partirait pas tant qu’elle n’aurait pas sa réponse, il se leva et s’installa à ses côtés et lui posant dans les mains les reste du petit automate. « Regarde, tu vois tous ces ressorts et ses engrenages ? Rien que pour lui faire jeter ses balles en l’air il en faut plusieurs centaines et il ne peut faire que des mouvements simples. Une ballerine, ça serait impossible, il faudra des milliers de pièces et un mécanisme beaucoup plus perfectionné, à cette taille c’est pas possible. Même mon maître n’en est pas capable et pourtant c’est le meilleur artisan de toute la capital »

 Elle manipulait avec délicatesse le petit jongleur, le retournant dans tout les sens, comme pour percer les mystères de son fonctionnement, d’un coup elle avait levé la tête pour plonger son regard dans le sien « A ma taille cela serait possible ? »

 La question le déstabilisa un peu, autant que son regard. Il frissonna sans savoir pourquoi et pris quelques instants pour lui répondre. « Peut-être, mais ça il faudrait voir avec Maitre Valius, moi je ne suis que son apprenti, je répare, je bricole. Il dit que j’ai encore beaucoup à apprendre avant de pouvoir fabriquer mes propres automates, mais j’apprends vite, hein, faut pas croire ! » Il s’était redressé, tout fier et avait sorti de sa poche un petit jouet qui ressemblait, de loin, à cet oiseau aux immenses ailes qu’on trouve sur les bords de mer. « J’ai déjà fait un lorhso qui bat des ailes, tu veux voir ? » Il le remonta et le posa à terre. L’oiseau battit deux fois des ailes avant de se gripper et s’immobiliser, le bec dans la poussière. Le rouge lui montait aux joues, face à cet échec, alors qu’il l’entendait rire. Un rire aussi claire que du cristal, sans aucune pointe méchanceté, mais il se sentait blessé dans son amour propre. Elle avait ramassé le jouet et le brossa su bout du doit pour le nettoyer, semblant impressionnée.

 « Tu crois que tu pourrais le faire chanter ? » Elle caressait l’oiseau mécanique avec autant de douceur que si il était réel.

 « C’est pas un vrai, c’est qu’un jouet. » Il le lui reprit des mains et le fourra dans sa poche avec humeur. « Bon, j’ai du travail, comme tu vois, moi je dois travailler pour gagner mon pain. J’suis pas un gosse élevé dans de la dentelle comme toi ! Maintenant va-t-en ! »

 Elle avait ouvert le bouche pour lui répondre quand une femme apparu devant eux, l’air furieux, elle repoussa le jeune garçon avec dégoût et se pencha sur la jeune fille, la forçant à se relever pour qu’elle puisse l’examiner. « Princesse Anaya ! Oh princesse vous n’avez rien ? Mais qu’est-ce qui vous a pris de disparaître ainsi ?! J’étais folle d’inquiétude ! Déjà que nous sommes en retard avec votre lubie d’aller voir cette saleté de théâtre mécanique ! Si en plus il vous était arrivé quelque chose ! Oh mais regardez-vous, votre robe est toute poussiéreuse ! »

 Entendant les mots de l’intruse, le jeune homme ne put s’empêcher d’intervenir. « Saleté vous-même ! Vieux cul de casserole !» Avant de se rendre compte qu’elle avait appelé cette étrange enfant, Princesse. Il écarquilla les yeux vers elle, cherchant confirmation mais ce fut sa servante, en lui administrant une gifle magistrale qui le convainquit.

 « Ne parle pas ainsi en présence de son altesse et avise toi de la dévisager encore ainsi et je te ferais crever les yeux ! Sale petite crasse ! » La servante avait à nouveau levé la main, plus menaçante que jamais.

 « Peldan ! Il suffit ! Présentez-lui vos excuses, il n’a rien fait de mal. » Elle s’était adressé à sa servante d’une voix ferme, pleine d’une colère contenue. « Si vous vous mettez à gifler tous ceux qui osent me regarder, vous n’avez pas fini d’avoir mal aux mains ! Nous partons ! » Elle avait tourné les talons et s’était éloignée, la tête haute. Peldan la suivit, empressée et se confondant en excuses et en recommandations, mais la princesse l’ignorait superbement. Au lieu de cela, elle fit volte-face et fit un grand signe de la main au jeune homme. « Tu ne m’as pas dit ton nom ! »

 A nouveau sa question le surprit et il balbutia « A … Amaury Nikodem »

 «Et bien, cher Amaury, j’espère qu’un jour tu réussira à créer une ballerine ! » lui avait-elle crié, d’un air enjoué avant de reprendre sa route sous l’œil courroucé de Peldan.

***

 Anaya soupira et essaya de chasser ces souvenirs de sa mémoire, mais elle ne pouvait effacer le sourire qu’ils avaient fait naître sur son visage. « Il t’aura fallu dix ans pour la créer, mon cher ami… »
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Livre II – La Dynastie Parezel

 La lumière du soleil couchant donnait au ciel des reflets d’or, mêlé de cuivre. Les hautes cheminées des usines envoyaient vers le ciel leur nuages de fumée blanche, ajoutant à ce spectacle un coté spectral et irréel. Mais Lishaeth n’avait pas le temps de s’appesantir sur ce paysage familier et se hâtait au travers des longs corridors qui menaient à la salle à manger. L’endroit était un véritable labyrinthe pour qui n’y avait encore jamais mis les pieds, mais il connaissait ce chemin par cœur. Il était en retard pour le dîner et il redoutait les reproches qu’ils allaient inévitablement lui adresser.

 

Ces derniers mois n’avaient été pour lui qu’une suite d’humiliations et de désenchantement. Il avait toujours su que la vie qu’on avait tracé pour lui ne serait jamais celle qu’il avait espéré, mais il avait formé le maigre espoir de trouver quelques bon cotés à la situation. Il n’en fût rien et plus les jours passaient, plus il se sentait isolé, abandonné par les siens. Et il se mit à maudire le destin qui l’avait fait naître en dernier. Au premier né revenait la succession au trône, le second serait chef des armées et au dernier, les froideurs des monastères et la vie d’ascète. Il haïssait d’avance cette vie monacale qui devait le former à cette étrange religion dont ses parents s’étaient entichés bien avant sa naissance. Ainsi leurs vie avait été décidée et il ne pouvait rien faire contre ces coutumes venues du fond des temps. Il était prince de sang et devait se soumettre à la volonté de ses parents. Il n’y pouvait rien. Sa seule consolation était que le Haut Prêtre, conseiller personnel de son père, l’avait pris sous son aile et lui avait promis de l’instruire personnellement afin qu’il puisse occuper, plus tard, de hautes fonctions et qui sait, peut être lui succéder ? Mais quelle gloire y avait-il à plasmodier toute la journée, à s’en briser la voix, à regarder béatement les cieux en attendant un signe des dieux et à menacer tout un chacun des pires calamités si il ne faisait pas dévotion et offrandes au temple ?  Il ne comprenait pas. Ce monde qui était à présent le sien le dégoûtait au plus profond de ses entrailles. Ce culte n’était celui de ses grands parents dont beaucoup de vieux domestiques et de gens du peuple louaient encore les bienfaits, il avait quelque chose de malsain et d’oppressant, jouant sur la peur et l’ignorance. Mais Lishaeth devrait s’y habituer et surtout en comprendre toutes les subtilités si il voulait réussir à s’élever dans cette nouvelle hiérarchie.

 

Arrivé devant l’imposante porte de la salle à manger du palais, il souffla un peu, tentant vainement de calmer sa nervosité, il secoua sommairement ses vêtements, faisant voler autour de lui un nuage de poussière, provenant du dehors, puis entra, la tête haute, comme si son retard n’avait que peu d’importance à ses yeux. Il s’installa à sa place, au bout de la longue table, face à sa sœur et son frère.

 

« La ponctualité est une vertu qui vous est inconnue. » La voix glaciale de sa mère lui transperça le cœur. Assise bien droite sur son siège et le regardait avec impatience et déception. Elle avait toujours ce regard quand elle était en sa présence. C’était un regard à la limite du dégoût qu’il avait appris à supporter, même si il lui faisait toujours aussi mal. Lishaeth haussa un peu les épaules, l’air détaché et attrapa sa serviette. Il s’était enfermé dans un mutisme total depuis qu’il avait été envoyé au Temple. A quoi bon discuter puisque son opinion et ses désirs ne valaient rien ici bas ? Peu importe ce qu’il pourrait dire, alors pourquoi parler ? Il regrettait ses longues conversations avec son frère et sa sœur, quand ils étaient encore libres et insouciants, avant que ne tombe sur leurs épaules les charges du pouvoir. Il ne les voyaient à présent quasiment plus, hormis à cette heure précise où tous se réunissaient pour souper ensemble, comme une vraie famille. Du moins en apparence.

 

« Le chemin est bien long entre le Temple et la Citadelle. » Anaya, sa précieuse sœur avait lancé cette phrase d’un air détaché avant de faire signe aux domestiques de lui servir à boire. C’était une simple remarque qui ne cherchait pas à l’excuser, mais qui affirmait son soutien à son jeune frère,  envers les propos de sa mère. Lishaeth se détendit un peu et lui adressa un timide sourire de remerciement, mais Anaya ne le regardait même plus, absorbée dans la contemplation de son verre, rempli de vin. A cet instant elle avait l’air si malheureuse que Lishaeth aurait voulu renverser la table et la prendre dans ses bras. Il aurait voulu la soustraire elle aussi à ce destin dont on l’avait chargé, mais Licasen avait déjà avancé le bras pour lui prendre la main, par dessous la table. Anaya lui avait sourit un bref instant. Ce sourire, Lishaeth l’aurait voulu pour lui. Il en avait tant besoin et il eut envie de jeter son couteau en direction de son frère. Pourquoi avait-il le droit de la toucher ? De lui parler ? Pourquoi était-il celui qui lui redonnait le sourire et non pas lui ? Il se sentait bouillir devant cette complicité qui le laisserait toujours à part.  Puis Anaya s’était redressée, adoptant une attitude sévère et froide, un peu comme celle de sa mère, l’attitude qui sied à une future reine, mais rien ne pouvait lui enlever ce sourire qui menaçait à tout moment de s’échapper de ses lèvres et illuminer son visage.

 

La soudaine colère de Lishaeth fût distraite par un mouvement dans le fond de la salle. Le grand prêtre avait fait son entrée au coté de son père, le roi et c’est comme si un rideau de glace était tombée dans la pièce, enveloppant tout dans le silence. Il n’entendait plus rien que les battements précipités de son propre cœur. L’homme dégageait une aura presque effrayante, mais il ne pouvait s’empêcher d’être fasciné par lui, pas son visage, si fin et ses yeux d’une couleur qu’il n’avait vu chez aucun autres, d’un jaune presque aussi brillant que de l’or.

[..]